En bref : 30 760 € HT par an. C’est ce qu’un franchisé Guy Hoquet verse à sa tête de réseau sur les 380 000 € de chiffre d’affaires que l’enseigne annonce elle-même au bout de deux ans : 11 760 € de part fixe, 19 000 € de part variable, soit 8,1 % du chiffre d’affaires. S’y ajoute un droit d’entrée de 28 500 € HT à la signature, pour un contrat de cinq ans. Conditions déclarées par le franchiseur à l’Observatoire de la franchise, relevées le 10 août 2026.
Ce montant n’est écrit nulle part. Les fiches qui publient les conditions du réseau donnent le droit d’entrée dans une case, la redevance mensuelle dans une autre, la contribution communication dans une troisième, et s’arrêtent là. Personne ne fait l’addition.
Moi, en 2025, j’ai produit 455 000 € HT de chiffre d’affaires avec six personnes rue de la Colombette, et mon poste outils et diffusion m’a coûté 35 400 € HT, 7,8 % du chiffre. C’est le seul étalon que je sache tenir : ce qui sort du compte tous les mois, quel que soit le nom sur la vitrine. Un dirigeant qui signe cinq ans sans avoir posé cette addition ne découvre pas le poids de la part fixe à la signature. Il le découvre au premier trimestre creux, quand les 980 € tombent sur un mois sans acte.
Deux additions suffisent à sortir ce montant. Elles ne rendent pas le même résultat à 150 000 € et à 700 000 € de chiffre d’affaires, alors que le contrat, lui, est le même.
Les conditions que Guy Hoquet déclare, ligne par ligne
Le réseau existe depuis 1994 et se développe en franchise depuis 2000. Sa fiche à l’Observatoire de la franchise affiche 450 implantations, une surface moyenne de 60 m², un contrat de cinq ans et onze semaines de formation initiale.
| Poste déclaré | Montant |
|---|---|
| Apport personnel | 50 000 € |
| Droit d’entrée | 28 500 € HT, dont 10 000 € de formation |
| Investissement global | 100 000 à 130 000 € |
| Redevance permanente | 690 € HT par mois plus 4 % du chiffre d’affaires |
| Communication nationale | 290 € HT par mois plus 1 % du chiffre d’affaires |
| Durée du contrat | 5 ans |
| Chiffre d’affaires annoncé après deux ans | 380 000 € |
La fiche de Toute la franchise donne les mêmes redevances au même euro, le même contrat de cinq ans, les mêmes 450 implantations et le même chiffre d’affaires à deux ans. Deux annuaires qui concordent sur des conditions renseignées par l’enseigne, ça ne vaut pas vérification : c’est la même déclaration recopiée deux fois. Elle a au moins le mérite d’exister sous une forme datée et publique.
Son propre site de recrutement, lui, ne porte aucun tarif. J’y ai cherché le 10 août 2026 : franchise.guy-hoquet.com parle de méthode, de témoignages, d’événements, et annonce « plus de 500 agences en France métropolitaine et en Outre-Mer ». Pas un montant. Pas un pourcentage. Cinquante agences d’écart avec sa propre fiche d’annuaire, aussi, ce qui donne la mesure de la fraîcheur des deux publications.
Trois publications donnent trois montants pour le même réseau
C’est le vrai point de départ de cet article. Avant de calculer quoi que ce soit, il a fallu constater que les chiffres qui circulent sur ce réseau ne sont pas les mêmes selon la page qu’on ouvre.
Le comparatif publié le 23 juin 2025 par Modèles de business plan place Guy Hoquet à 18 500 € de droit d’entrée, 105 000 € d’investissement global et 520 agences. Un article de ac-franchise.com, toujours bien classé sur la requête en 2026, annonce « une redevance mensuelle de 150 € plus 2 % du CA », un droit d’entrée de 28 000 € et 60 000 € d’apport personnel. Il est daté du 20 octobre 2009.
Le premier écart se réconcilie : 18 500 € plus les 10 000 € de formation font les 28 500 € de la fiche. Une même somme, présentée avec ou sans son volet pédagogique, et deux tableaux qui divergent de 10 000 € sans que personne signale la ventilation.
Le second ne se réconcilie avec rien. Entre 150 € plus 2 % et 980 € plus 5 %, l’écart annuel dépasse 20 000 € sur un chiffre d’affaires de 380 000 €. Un chiffre de dix-sept ans continue de circuler comme s’il valait pour aujourd’hui, dans un secteur qui a changé deux fois de cycle entre-temps.
Et l’affirmation la plus répandue est ailleurs. On lit sur les pages généralistes que l’immobilier « ne réclame aucun droit d’entrée ou une participation tout juste symbolique ». Vingt-huit mille cinq cents euros ne sont pas symboliques. Century 21 en demande 25 000. La phrase est fausse pour les deux plus gros réseaux franchisés du pays.
Sur quelle base ce calcul est fait, et ce qu’il écarte
Quatre décisions de méthode, parce qu’un résultat qui ne dit pas ce qu’il additionne ne vaut pas mieux que les tableaux qu’il prétend corriger.
L’assiette est le chiffre d’affaires que le réseau annonce lui-même, 380 000 € après deux ans. J’aurais pu prendre le mien, ou une moyenne de marché : j’ai pris le sien, pour que le franchiseur ne puisse pas contester le point de départ. Ce nombre reste une annonce commerciale, pas une mesure.
Les deux lignes mensuelles s’additionnent. La redevance permanente et la contribution communication sortent du même compte le même jour, avec le même caractère obligatoire. Les séparer arrange celui qui vend, pas celui qui paie.
L’investissement global est écarté, comme l’apport personnel. Cent mille à cent trente mille euros d’agencement, de matériel et de trésorerie de départ ne sont pas un prélèvement du franchiseur : c’est ce que coûte l’ouverture, franchise ou pas. Le loyer, les salaires, la garantie financière et les portails sortent du calcul pour la même raison.
Ce que la redevance achète n’est pas déduit. Aucune des fiches ne détaille ce que couvrent les 4 % : formation continue, outils, notoriété, on ne sait pas dans quelle proportion. On ne soustrait pas ce qu’on ne connaît pas. Ce calcul mesure une sortie de trésorerie, pas un rapport qualité-prix.
Tous les montants sont hors taxes.
30 760 € par an, dont 11 760 € qui ne bougent pas avec l’activité
Le fixe d’abord : 690 € plus 290 €, soit 980 € par mois, 11 760 € HT sur douze mois. Cette somme est due en janvier comme en août, l’année où vous faites trente ventes comme l’année où vous en faites dix-huit.
Vient ensuite le variable : 4 % plus 1 %, soit 5 % de 380 000 €, ce qui fait 19 000 €.
Total : 30 760 € HT par an, 8,1 % du chiffre d’affaires. Sur ces 8,1 points, 3,1 viennent de la seule part fixe.
Ces 3,1 points sont tout le sujet. Ils ne sont pas une redevance au sens où on l’entend, c’est-à-dire une part de ce que vous gagnez : c’est une charge de structure, de la même famille qu’un loyer, et elle se comporte comme un loyer quand l’activité chute.
Le même calcul à sept niveaux d’activité montre ce qu’aucun tableau comparatif ne montre.
| Chiffre d’affaires annuel | Part fixe | Part variable | Total prélevé | Poids |
|---|---|---|---|---|
| 150 000 € | 11 760 € | 7 500 € | 19 260 € | 12,8 % |
| 200 000 € | 11 760 € | 10 000 € | 21 760 € | 10,9 % |
| 250 000 € | 11 760 € | 12 500 € | 24 260 € | 9,7 % |
| 300 000 € | 11 760 € | 15 000 € | 26 760 € | 8,9 % |
| 380 000 € | 11 760 € | 19 000 € | 30 760 € | 8,1 % |
| 500 000 € | 11 760 € | 25 000 € | 36 760 € | 7,4 % |
| 700 000 € | 11 760 € | 35 000 € | 46 760 € | 6,7 % |
D’un bout à l’autre du tableau, la même enseigne coûte du simple au double : 12,8 % contre 6,7 %. Le taux affiché, lui, n’a pas bougé d’un dixième de point. C’est la mécanique que toute comparaison entre formes d’exercice finit par rencontrer, et elle joue contre le plus fragile : celui qui démarre, celui qui traverse une année creuse, celui dont la zone est petite.
Century 21 plafonne sa communication, et le croisement tombe à 392 000 €
Le deuxième gros réseau franchisé du pays affiche une autre structure. Sur sa fiche à l’Observatoire de la franchise, Century 21 demande 25 000 € de droit d’entrée, 6 % du chiffre d’affaires en redevance de fonctionnement et 2 % en cotisation publicitaire, cette dernière encadrée par un plancher de 250 € et un plafond de 750 € par mois. Aucun forfait fixe sur la redevance principale, et une dégressivité annoncée dont les paliers ne sont pas publiés. Le calcul qui suit retient donc le taux plein, ce qui le rend défavorable à l’enseigne.
À 380 000 € de chiffre d’affaires, Century 21 prélève 30 400 €, Guy Hoquet 30 760 €. Trois cent soixante euros d’écart : à ce niveau d’activité, les deux réseaux coûtent la même chose.
Partout ailleurs, non. À 150 000 €, Century 21 prend 12 000 € et Guy Hoquet 19 260 €, soit 60 % de plus. À 700 000 €, le rapport s’inverse : 51 000 € contre 46 760 €, parce que le plafond de la cotisation publicitaire cesse de jouer en faveur du premier et que la part fixe du second s’est diluée. Le point de bascule se calcule à 392 000 € de chiffre d’affaires annuel.
Autrement dit, le classement de ces deux enseignes par le coût dépend entièrement du chiffre d’affaires qu’on y produira, et ce chiffre d’affaires, personne ne le connaît le jour de la signature.
Sur les cinq ans du contrat, le total atteint 182 300 €
Le contrat court sur cinq ans. Sur cette durée, aux conditions déclarées et à 380 000 € de chiffre d’affaires constant, le franchisé verse 28 500 € de droit d’entrée puis cinq fois 30 760 €, soit 182 300 € HT pour 1 900 000 € de chiffre d’affaires cumulé. Neuf virgule six pour cent.
Ce chiffre range le droit d’entrée à sa vraie place. Il pèse 1,5 point sur les 9,6, et 15,6 % de la facture totale. C’est la ligne dont on discute pendant trois rendez-vous, et c’est la moins lourde des trois.
Un franchisé qui produirait 250 000 € par an paierait 149 800 € sur les cinq ans, pour 1 250 000 € de chiffre d’affaires : 12,0 %. Le même contrat, la même marque, deux points et demi d’écart.
Le seul document qui engage le franchiseur est le DIP
Tout ce qui précède vient de fiches d’annuaire. Aucune n’est contractuelle, aucune n’engage l’enseigne, et une condition tarifaire y traîne parfois depuis 2009.
Le document qui engage porte un nom et une base légale. L’article L330-3 du code de commerce oblige quiconque met une marque à disposition en exigeant l’exclusivité à remettre un document d’information précontractuelle donnant « des informations sincères, qui lui permette de s’engager en connaissance de cause ». Ce document et le projet de contrat sont communiqués vingt jours minimum avant la signature, ou avant tout versement de somme.
Son contenu est fixé par l’article R330-1, dans sa rédaction issue du décret du 30 décembre 2023, en vigueur depuis le 1er janvier 2024. Quatre pièces y valent le déplacement, et ce ne sont pas celles qu’on regarde :
- les comptes annuels des deux derniers exercices du franchiseur, annexés au document ;
- l’adresse des cinquante entreprises du réseau les plus proches de l’implantation envisagée, avec la date de conclusion ou de renouvellement de leur contrat ;
- le nombre d’entreprises qui ont quitté le réseau l’année précédente, en précisant si le contrat est venu à expiration, s’il a été résilié ou s’il a été annulé ;
- la nature et le montant des dépenses et investissements spécifiques à l’enseigne engagés avant le début de l’exploitation.
Le troisième point est le seul chiffre du dossier que le franchiseur ne choisit pas. Un droit d’entrée se justifie, un taux se défend, un chiffre d’affaires prévisionnel s’argumente. Le nombre de sortants de l’an dernier, avec le motif, ne s’argumente pas.

Ce qu’il faut en retenir
1. La part fixe se traite comme un loyer, pas comme une redevance. Onze mille sept cent soixante euros par an tombent que vous vendiez ou non. Cette ligne appartient à votre tableau de trésorerie à quatre-vingt-dix jours, à côté du loyer et des salaires, et non à la colonne des charges proportionnelles.
2. Le droit d’entrée n’est pas le sujet, et c’est contre-intuitif. Vingt-huit mille cinq cents euros une fois, contre cent cinquante-trois mille huit cents euros de redevances sur la durée du contrat. La négociation utile porte sur les 5 % et sur les 980 €, pas sur le ticket d’entrée.
3. Comparer deux réseaux sur leur taux affiché ne veut rien dire. Guy Hoquet et Century 21 coûtent exactement la même chose à 380 000 €, 60 % d’écart à 150 000 € et l’inverse à 700 000 €. Le classement dépend d’un chiffre d’affaires que vous ne connaissez pas encore.
4. La question à poser au franchiseur est le nombre de départs de l’an dernier. Le code de commerce l’oblige à vous le donner, avec le motif. Aucune plaquette ne le porte, et c’est la seule donnée du dossier qu’il ne maîtrise pas.
5. Vingt jours, ce n’est pas un délai de politesse. C’est un plancher légal qui court avant toute signature et avant tout versement, y compris un acompte de réservation de zone. Signer plus tôt fragilise le contrat, et ça se retourne d’abord contre celui qui a payé.
Trois questions qu’on me pose sur le coût d’une franchise
Ce calcul vaut-il pour un autre réseau que Guy Hoquet ?
La méthode oui, les montants non. Il suffit de reprendre les deux lignes fixes du réseau visé, de les multiplier par douze, d’ajouter le pourcentage sur le chiffre d’affaires visé et de rapporter le total à ce chiffre d’affaires. Attention aux structures à plancher et à plafond comme celle de Century 21 : elles cassent la proportionnalité aux deux extrémités, et une moyenne de secteur ne les capte jamais.
Quel budget faut-il réunir la première année ?
Aux conditions déclarées, l’apport demandé est de 50 000 € pour un investissement global de 100 000 à 130 000 €, hors reprise et hors pas-de-porte. À ces montants s’ajoute une réalité que les tableaux ignorent : dans ce métier, l’encaissement arrive deux à quatre mois après la signature du compromis, quand il arrive. La première année, vous payez 980 € par mois de part fixe sur une activité qui n’a pas encore produit sa première facture d’honoraires.
Que regarderiez-vous avant de signer ?
Les comptes annexés au document précontractuel, le nombre de sortants et la durée d’engagement, dans cet ordre. En février 2019, quatre mois après avoir repris mon fonds, j’ai signé sur un salon un pack logiciel à 389 € HT par mois, trente-six mois d’engagement, deux mois de préavis, résiliation anticipée impossible. Je l’ai utilisé quatre mois. J’ai payé jusqu’en avril 2022, environ 14 000 €. Depuis, je ne signe plus rien au-delà de douze mois, ce qui me fait rater des remises, et un contrat de franchise à cinq ans reste le seul engagement long que j’accepterais de considérer, à condition d’avoir lu ce qu’il prélève chaque mois où je ne vends rien.